02/06/2017

Detectorists


Imaginez une petite ville fictive de l’Essex nommée Danebury. Ses champs brumeux, son pub qui organise des soirées quizz et son club de détectoristes. Ils arpentent la lande, leur détecteur de métal accroché au bras, l’oreille tendue pour entendre le grésillement qui leur signalera la présence… d’une languette de canette de soda. Oui, parce que c’est ça, la réalité de ce loisir : ils ramassent de la ferraille. Oh, ils rêvent tous de trouver de l’or, sauf que c’est si rare, comme coup de chance.

Et donc, des huit membres du DMDC (Danebury Metal Detecting Club) on suit surtout deux d’entre eux :

  • Lance, un divorcé ayant du mal à tourner la page et qui conduit un élévateur dans une boite de fruits et légume
  • Andy, un travailleur intérimaire qui poursuit mollement des études d’archéologie
Ces deux gugusses arpentent la terre de Danebury et parlent. De tout, de rien. Des questions posées la veille dans leur jeu télévisé préféré. De leur vie personnelle (Lance est sous la domination de son ex, qui tient un magasin new age. Andy est en couple avec une institutrice). Des aléas du détectorisme. De quelle forme prendra la danse qu’ils feront quand ils trouveront de l’or. De ces enfoirés d’Antiquisearchers, le club adverse du DMDC…
Sous le prétexte de raconter une chasse au trésor, Detectorists narre surtout les moments pas très glorieux de ce club, qui rassemble des gens aussi étranges qu’un Linux Users Group ou un club de JdR. Ne vous attendez pas à une Aventure pleine de découvertes archéologiques : c’est en fait une aventure très intimiste. Andy va-t-il craquer pour la jeune recrue qui vient de débarquer au club ? Lance réussira-t-il à dire merde au nouveau copain de son ex ? Qui va faire la rétrospective sur sa collection de boutons lors de la prochaine réunion du club ? Les personnages sont loufoques, adorables, et on se prend immédiatement d’affection pour ces inadaptés de la vie qui partagent un loisir envahissant mais finalement pas grand chose de plus.

La série est composée pour le moment de 2 saisons (une de 6 épisodes, une seconde de 7) de 26 minutes chacun, et une ultime 3e saison devrait être tournée dans le Suffolk cet été. Autant dire que c’est un petit projet télévisuel. C’est tourné à hauteur d’homme, sans chichi ni effet de manche. Et pourtant, c’est ravageur. Il y a une belle authenticité dans ce projet. Déjà parce que son auteur Mackenzie Crook (qui joue Andy) est lui-même détectoriste. Si, vous le connaissez, ce gars : c’est l’un des membres du duo rigolo de pirates morts-vivants dans Pirates des Caraïbes. Le grand efflanqué, là. Il joue dans Game of Thrones, aussi (Orell). C’était le Garreth originel dans la version anglaise de The Office. Et ce type a refusé de reprendre son rôle sans doute lucratif dans Pirates des Caraïbes pour se consacrer à sa série sur des détectoristes anglais, c’est dire.

Le charme de la série doit également beaucoup à la chanson de son générique, composée et interprétée par Johnny Flynn, que je ne connaissais jusqu’à maintenant que pour son rôle phare dans la série Lovesick (qui s’appelait Scrotal Recall lors de sa première saison. Quel titre...). Cette chanson, dans le plus pur style folk, est un petit bijou de romantisme et colle parfaitement à la série.


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Bref, je ne vais pas non plus en écrire des tartines sur une série qui dure moins de 6 heures, mais Detectorists est à mon gout une vraie belle tranche d'humanité sincère. Je n’ai aucune inclinaison pour l’Essex, les détectoristes m’ont toujours semblé être d’aimables déambulateurs ne sachant pas comment perdre leur temps, le fonctionnement du DMDC est le cadet de mes soucis… Et pourtant, magie du petit écran, je me suis totalement retrouvé dans cette série. J’ai vibré pour ces personnages. J’ai partagé leur espoir tenace de trouver ce site funéraire viking (parce que Danebury, c’est un peu Dane + Burry, quand même). J’ai marché avec eux dans ses champs fraichement labourés. J’ai aimé les écouter jaser de petits riens. Et cette maudite chanson toute mignonette ne me quitte pas, c’est hallucinant.

1 commentaire:

  1. Mais euh... y'a une VF ou vous parlez de la VO, là ? Sinon, entièrement d'accord sur votre jugement: cette série est une perle. Toby Jones est d'ailleurs aussi connu pour avoir joué dans les Captain America, dans Doctor Who, et même dans Harry Potter (pas son visage, puisque c'est la voix de Dobby...) ^^;

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